Articles de Monsieur le Conseiller Général Jean Jacques Weber

« Après une soirée de vendredi époustouflante ,avec les Pink-Purple, celle de samedi ne pouvait pas déroger : elle conjugua le verbe moudre à tous les temps inventés par le très grand clarinettiste Robert Mérian et les solistes du « Moulin à café »,le fameux « Hot jazz orchestra »Un Mérian malicieux et gourmand, qui savoure la musique qu’il crée,comme s’il dégustait,avec des yeux d’enfant,un bon dessert…

Alignant les plus grands standarts, avec au piano un joyeux virtuose d’une qualité rare, trombonniste ,trompettiste, banjoiste, contrebassiste, enchantèrent la salle, reglés par un batteur de Pfaffenheim, dont j’avais déjà, l’an dernier ,admiré l’élégance et le savoir-faire…

On attendait une cantatrice.

On ne nous avait pas prévenus que Mademoiselle Gemma Abrié, n’avait rien de la Joan Orléans de l ’an dernier ,et encore moins de la Castafiore!

C’est en effet une sculpturale jeune femme, en fourreau vert pâle très moulant qui rejoignit les musiciens ,souriante et joyeuse, sous sa crinière d’un joli blond vénitien.

Avant que de chanter, la voilà qui parle ,cette Espagnole de Barcelonne, en excellent français ,pour dire son plaisir d’inscrire son nom dans ce beau festival…

Puis elle chante. Trop belle pour bien chanter ?

Une voix magnifique, et les plus beaux morceaux du jazz éternel, dans un répertoire qui, cette année encore, innove dans le classique, avec une diva qui loin de certains clichés , nous parle ,dans des sonorités magiques, d’amour, de tendresse, de désespoir, puis de la vie tout simplement …

Elle a, sur scène, quelque chose d’une Marilyn Monroe dans toute sa splendeur,(je crois que c’est recherché jusqu’à un certain point) et son timbre, ses expressions musicales, ses attitudes , ont la coloration, l’amplitude, la richesse ,la tendresse aussi de la grande Ella Fitzgerald, parfois de Nora Jones ou encore de Sarah Vaughan…C’est dire l’étendue de son talent qui est promis à une consécration mondiale, c’est certain !

Et puis, la voici , chuchotant, sur scène ,souriante et complice, avec Robert Mérian, pendant les solos des musiciens qui l’entourent et qu’elle fait applaudir tour à tour :elle irradie la joie de vivre, la bonne humeur, la fraîcheur, et le public, conquis, ne s’y trompe pas ,bien évidemment.

Le tout se termine ,après trois rappels joyeusement accordés, ,par la farandole les musiciens, après que Gemma Abrié eut chanté et fait chanter « Happy birthday »,non pas Mister President, mais « Tino »…puisque mon ami Tino Galigaro, de Thann avait eu l’imprudence de se confier à quelqu’un…

Bien sûr,,M.Heidmann ,l’organisateur offrit un bouquet à l’artiste, et les responsables des deux associations de solidarité avec Madagascar ou le Bénin expliquèrent leur engagement, le bénéfice de ce festival étant reversé à leurs actions lointaines :barrage d’irrigation à Madagascar pour les uns, maternité au Bénin pour les autres.

Le maire M.Werhlen, au micro, salua la place que ce festival commence à prendre dans sa ville. Et c’est vrai que quelque chose bouge autour de la manifestation ,et c’est très important pour sa pérénité. Il suscite des initiatives, comme cette première du restaurant du Cheval Blanc qui invitait pour un concert-apéro avant le concert lui même, et il y a fort à parier que les 50 convives présents seront I50 l’an prochain, car Patrick et Karine avaient mis le paquet : un trio d’excellents musiciens locaux ,et des mets de qualité.

Et puis, dimanche matin,c’est le musée Serret qui tenait table ouverte à l’occasion de ce festival. Tout cela est nouveau :Saint-Amarin s’approprie son « jazz amarinois » »Bravo ! «